La location longue durée, ou LLD, s’est imposée comme l’une des formules de financement automobile les plus populaires en France. Elle permet de rouler dans un véhicule récent, de maîtriser son budget mensuel et de changer de voiture régulièrement, sans jamais en devenir propriétaire. Mais comment fonctionne concrètement une LLD pour un particulier ? Quelles sont les étapes du contrat, les règles sur le kilométrage, les services inclus et les conditions de fin de contrat ? Ce guide complet répond à toutes ces questions.
Qu’est-ce que la LLD ?
Définition de la location longue durée
La location longue durée (LLD) est un contrat de location de véhicule sur plusieurs années, sans possibilité d’achat à l’issue de la période. Une banque ou un organisme financier acquiert le véhicule choisi par le particulier, puis le lui loue en échange d’un loyer mensuel fixe. Le locataire n’est donc jamais propriétaire du véhicule : il en a uniquement l’usage, pour une durée et un kilométrage définis dès la signature.
La LLD est encadrée par un contrat de location et non par le code de la consommation. Cela signifie que le locataire ne dispose pas de droit de rétractation légal, qu’il n’y a pas de taux annuel effectif global (TAEG) affiché, et que l’indemnité de résiliation anticipée n’est pas plafonnée par la loi. Ces points sont importants à connaître avant de s’engager.
LLD, LOA, leasing : quelles différences ?
Le terme « leasing » est souvent utilisé dans le langage courant pour désigner toutes les formes de location automobile à long terme. En réalité, deux contrats distincts existent.
| Critère | LLD | LOA | Crédit auto |
|---|---|---|---|
| Propriété du véhicule | Loueur (banque) | Loueur, puis locataire possible | Emprunteur dès la signature |
| Option d’achat en fin de contrat | Non | Oui | Sans objet |
| Apport initial | Facultatif | Facultatif | Souvent demandé |
| Services inclus (entretien, assistance) | Souvent inclus ou en option | Rarement inclus | Non inclus |
| Restitution du véhicule | Obligatoire | Obligatoire ou rachat | Sans objet |
La différence principale entre LLD et LOA se situe en fin de contrat : la LOA offre la possibilité de racheter le véhicule en levant une option d’achat, tandis que la LLD impose sa restitution au loueur. En revanche, la LLD inclut plus fréquemment des services d’entretien et d’assistance dans son loyer.
Comment souscrire un contrat LLD : les étapes
Choisir son véhicule et définir ses besoins
La première étape consiste à choisir le véhicule que l’on souhaite louer. Toutes les marques proposent des offres LLD, sur des véhicules neufs comme sur des occasions récentes. Avant de sélectionner un modèle, il est indispensable de réfléchir à plusieurs paramètres qui conditionneront directement le montant du loyer mensuel. Il faut arriver à calculer si la lld est rentable pour vous en fonction de plusieurs critères :
- Le type de véhicule et son prix catalogue (plus le véhicule est cher, plus le loyer est élevé).
- La durée de location envisagée (de 24 à 72 mois selon les offres).
- Le kilométrage annuel réel prévu, en tenant compte des trajets domicile-travail, des vacances et des déplacements habituels.
- Les services souhaités : entretien, assistance, assurance, pneus.
Il est conseillé d’estimer son kilométrage annuel avec soin, car un forfait mal calibré peut engendrer des pénalités coûteuses en fin de contrat.
Constituer son dossier
La souscription d’un contrat LLD se traite comme un dossier de crédit classique. L’organisme financier analyse la solvabilité du demandeur avant d’accepter la location. Les pièces généralement demandées sont les suivantes.
- Une pièce d’identité valide (carte nationale d’identité ou passeport).
- Un relevé d’identité bancaire (RIB).
- Un justificatif de domicile de moins de six mois.
- Les trois derniers bulletins de salaire ou, pour les indépendants, les deux derniers avis d’imposition.
- Le dernier avis d’imposition.
Les personnes ayant des incidents de paiement récents ou un taux d’endettement trop élevé peuvent se voir refuser un contrat LLD. Il n’existe pas de limite d’âge légale pour souscrire, mais les organismes peuvent adapter leurs conditions selon le profil du demandeur.
Signer le contrat et prendre livraison du véhicule
Une fois le dossier accepté, le contrat de LLD est établi. Il doit obligatoirement mentionner l’identité du loueur et son numéro de SIRET, le montant du loyer mensuel et le mode de paiement, le montant du dépôt de garantie éventuel, les caractéristiques du véhicule, la durée et le kilométrage du contrat, ainsi que les conditions de résiliation et les modalités des services inclus.
Un premier loyer majoré peut être exigé à la signature. Ce versement initial, parfois appelé « apport », n’est pas remboursé en fin de contrat : il s’agit d’une avance sur loyer et non d’un dépôt de garantie. Le dépôt de garantie, lui, est bien restitué au terme du contrat, déduction faite des éventuels frais de remise en état. La LLD est également accessible sans apport : le loyer mensuel est alors légèrement plus élevé.
A la livraison du véhicule, la carte grise est délivrée au nom de la société de location en tant que propriétaire. Le nom et l’adresse du locataire y figurent en case C.3. C’est le loueur qui se charge des démarches d’immatriculation, mais les frais de carte grise sont à la charge du locataire.
Durée et kilométrage : les paramètres clés du contrat
Quelle durée pour une LLD ?
La durée d’un contrat LLD varie généralement de 24 à 72 mois. Les durées les plus courantes sont 36 et 48 mois. Plus la durée est longue, plus le loyer mensuel est réduit, mais plus l’engagement est important. Il est possible de demander une modification de la durée en cours de contrat, sous réserve de l’accord du loueur.
Il est également possible de prolonger le contrat au-delà de son terme initial, à condition d’en faire la demande 3 à 4 mois avant la date d’échéance. Cette prolongation conserve généralement les mêmes conditions tarifaires si le kilométrage contractuel n’a pas été dépassé.
Comment choisir son forfait kilométrique ?
Le forfait kilométrique est l’un des éléments les plus importants du contrat LLD. Il détermine en grande partie le montant du loyer, car plus le kilométrage annuel autorisé est élevé, plus le véhicule se déprécie vite, et plus le loyer est important.
A titre indicatif, les forfaits kilométriques courants se situent à 15 000 km par an pour un véhicule essence, et à 25 000 km par an pour un diesel. Ces chiffres varient selon les loueurs et les offres. Le contrat peut prévoir un kilométrage total sur la durée du bail, ou un kilométrage annuel reconduit chaque année.
Pour bien calibrer son forfait, il est recommandé de calculer ses trajets habituels sur une année complète, en incluant les déplacements professionnels et personnels, les vacances, et une marge de sécurité raisonnable. Un forfait légèrement surévalué est préférable à un dépassement en fin de contrat.
Que se passe-t-il en cas de dépassement de kilométrage ?
Tout kilomètre parcouru au-delà du forfait contractuel est facturé lors de la restitution du véhicule. Le tarif moyen se situe entre 0,05 et 0,10 euro par kilomètre supplémentaire, mais il peut atteindre 0,40 euro par kilomètre dans certains contrats. Ces montants sont fixés dès la signature : il est donc indispensable de les vérifier avant de s’engager.
Pour éviter les mauvaises surprises, deux solutions existent. La première consiste à ajuster le forfait kilométrique en cours de contrat, en contactant le loueur : la plupart acceptent cette révision, qui se traduit par une légère modification du loyer mensuel. La seconde est de profiter de la tolérance que certains loueurs accordent : Arval, par exemple, autorise un dépassement de 3 000 km sans pénalité au-delà de l’engagement initial.
Les services inclus dans une LLD
L’entretien et les réparations
L’un des atouts majeurs de la LLD est la possibilité d’inclure les frais d’entretien dans le loyer mensuel. Selon les contrats, cela peut couvrir les révisions périodiques, le remplacement des pièces d’usure (plaquettes de frein, essuie-glaces, filtres), ou encore le changement des pneus. Certains contrats proposent également une extension de garantie au-delà de la garantie constructeur.
L’entretien n’est cependant pas toujours inclus de façon automatique : il est parfois proposé en option complémentaire. Il est important de vérifier ce point lors de la comparaison des offres, car une formule sans entretien peut générer des coûts imprévus pendant la durée du contrat.
L’assistance et la garantie panne
La grande majorité des contrats LLD inclut une assistance en cas de panne ou d’accident. Celle-ci prend en charge le remorquage du véhicule et peut prévoir la mise à disposition d’un véhicule de remplacement pendant l’immobilisation. L’assistance est généralement disponible 24h/24 et 7j/7.
La garantie constructeur couvre également le véhicule pendant les premières années de la location, si celui-ci est neuf. Au-delà, une extension de garantie peut être souscrite pour éviter de supporter les frais de réparations mécaniques importantes.
L’assurance en LLD
L’assurance n’est pas systématiquement incluse dans le loyer LLD, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Certains contrats proposent une assurance intégrée, d’autres la laissent à la charge du locataire.
Dans tous les cas, le locataire a l’obligation légale de souscrire une assurance automobile. La garantie responsabilité civile (RC) est le minimum obligatoire, mais la plupart des organismes financiers exigent contractuellement une assurance tous risques, car le véhicule loué est neuf ou récent et leur appartient. Il est recommandé de compléter cette couverture avec une garantie « valeur à neuf » ou « perte financière », qui couvre la différence entre la valeur de remboursement par l’assureur et le montant des loyers restants dus en cas de vol ou de destruction totale du véhicule.
Le locataire peut souscrire l’assurance proposée par le loueur ou choisir librement un autre assureur. Dans ce second cas, son coefficient bonus-malus personnel est engagé en cas de sinistre.
La carte grise : qui paye ?
En LLD, c’est le loueur qui se charge des démarches d’immatriculation du véhicule. La société de location apparaît sur la carte grise en tant que propriétaire du véhicule. Cependant, les frais de carte grise sont facturés au locataire, soit directement, soit intégrés dans le loyer selon les offres. En cas de déménagement du locataire, il n’y a aucune démarche à effectuer pour la carte grise : il suffit d’en informer la société de location.
La fin du contrat LLD : restitution et options
Comment se déroule la restitution du véhicule ?
A l’approche de la date d’échéance, il est conseillé de prendre contact avec le loueur pour organiser la restitution. Certains loueurs proposent un pré-état des lieux quelques semaines avant la fin du contrat : cette étape permet d’identifier les éventuelles réparations à effectuer avant de rendre le véhicule, et d’éviter des frais de remise en état plus élevés facturés par le loueur.
Le jour de la restitution, un expert mandaté par le loueur inspecte le véhicule selon une grille d’usure prédéfinie. Les éléments contrôlés sont notamment les suivants.
- La carrosserie : rayures, bosses, impacts, peinture.
- L’habitacle : état des sièges, tableau de bord, équipements intérieurs.
- Les pneumatiques : niveau d’usure et état.
- Le kilométrage affiché au compteur.
- La présence de tous les documents et équipements remis lors de la livraison (carte grise, carnet d’entretien, clés, accessoires).
Un procès-verbal de restitution est signé à l’issue de cette inspection. Il est important d’être présent lors de cet état des lieux, de lire attentivement le procès-verbal avant de le signer, et d’y faire porter ses réserves en cas de désaccord sur un point.
Quels sont les frais en fin de contrat ?
Deux types de frais peuvent être facturés en fin de contrat LLD.
Les frais de remise en état (FRE) sont appliqués si le véhicule présente une usure jugée anormale par rapport à son âge et à son kilométrage. Toute dégradation dépassant les critères d’usure normale définis dans le contrat, comme une rayure profonde, un choc non réparé ou une sellerie abîmée, peut donner lieu à facturation. Pour limiter ce risque, il est recommandé d’entretenir le véhicule régulièrement et de faire réparer les dommages visibles avant la restitution.
Les pénalités de dépassement kilométrique sont calculées sur la base du nombre de kilomètres excédentaires multiplié par le tarif prévu au contrat. Plus le dépassement est important, plus la facture est élevée. A noter que si le kilométrage total est inférieur au forfait contractuel, aucun remboursement n’est prévu de la part du loueur.
Peut-on résilier une LLD avant le terme ?
La résiliation anticipée d’un contrat LLD est possible, mais elle entraîne des indemnités financières significatives. Le contrat ne relevant pas du code de la consommation, ces indemnités ne sont pas plafonnées par la loi. Elles sont calculées sur la base des loyers restants à courir et peuvent représenter une somme conséquente. A titre d’exemple, pour un contrat de 36 mois avec un loyer hors taxe de 300 euros, résilié après 12 mois, l’indemnité peut dépasser 3 000 euros.
Certains loueurs acceptent toutefois une résiliation sans pénalités dans des circonstances particulières : perte d’emploi involontaire, invalidité, déménagement à l’étranger ou incapacité à conduire pour raison médicale. Ces clauses doivent être vérifiées au moment de la signature.
Une alternative à la résiliation est le transfert de contrat à un tiers. Cette option, encore peu connue, permet à un autre particulier de reprendre les loyers restants et d’utiliser le véhicule. Elle nécessite l’accord du bailleur, qui vérifie la solvabilité du repreneur. Des plateformes spécialisées facilitent la mise en relation.
Que faire après la restitution ?
Une fois le véhicule restitué, plusieurs options s’offrent au locataire. La plus courante est de souscrire un nouveau contrat LLD pour un autre véhicule, plus récent ou mieux adapté à de nouveaux besoins. C’est l’un des avantages reconnus de la LLD : elle permet de changer de voiture régulièrement sans se soucier de la revente ni de la dépréciation.
Il est également possible de prolonger le contrat en cours si le véhicule convient toujours, de passer à une LOA si l’on souhaite avoir la possibilité d’acheter le véhicule suivant, ou simplement de revenir à un achat comptant ou à un crédit auto classique.
LLD : avantages et inconvénients pour un particulier
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Loyer mensuel fixe, budget maîtrisé | Pas de propriété du véhicule |
| Pas d’apport obligatoire | Kilométrage limité, pénalités si dépassement |
| Véhicule neuf ou récent, garanti constructeur | Résiliation anticipée coûteuse |
| Entretien et assistance souvent inclus | Pas de droit de rétractation légal |
| Pas de souci de revente ni de dépréciation | Coût global potentiellement supérieur à l’achat |
| Changement de voiture facilité tous les 2 à 5 ans | Frais de remise en état en fin de contrat possibles |
La LLD est particulièrement adaptée aux personnes qui souhaitent conduire un véhicule récent sans mobiliser de capital, maîtriser leurs dépenses automobiles mois après mois, et changer de voiture régulièrement. Elle l’est moins pour les grands rouleurs, pour qui les pénalités de dépassement kilométrique peuvent rapidement alourdir la facture, ou pour ceux qui souhaitent devenir propriétaires de leur voiture à terme.
Avant de signer un contrat LLD, il est indispensable de comparer plusieurs offres, de lire attentivement les conditions de restitution et de résiliation, et de bien calibrer la durée et le kilométrage en fonction de son usage réel. Une simulation précise permet d’éviter les mauvaises surprises et de profiter pleinement des avantages de cette formule.
FAQ : vos questions sur la LLD
Peut-on acheter le véhicule à la fin d’un contrat LLD ?
Non, contrairement à la LOA, la LLD ne prévoit aucune option d’achat : le véhicule doit obligatoirement être restitué au loueur en fin de contrat.
La LLD est-elle accessible sans apport ?
Oui, la LLD est possible sans apport initial, le loyer mensuel étant simplement légèrement plus élevé qu’avec un premier loyer majoré.
Que se passe-t-il si je rends le véhicule avec moins de kilomètres que prévu ?
Le loueur ne rembourse pas les kilomètres non consommés : seul le dépassement du forfait est facturé, jamais le sous-kilométrage.
Sources :
- La location longue durée (LLD) – La finance pour tous
- Contrat voiture de Location Longue Durée : Documents et conditions – Autosphere
- Le guide pour tout savoir sur la Location Longue Durée – Matmut
- Location Longue Durée pour particuliers – Arval
- Qu’est-ce que la LLD ? – MAIF
- L’assurance auto est-elle comprise dans une LLD ? – VehiculesPros
- Carte grise LLD : qui paye ? – ePlaque
- Impact financier de la restitution anticipée en LLD – Arval
- Puis-je arrêter ma LLD avant la fin du contrat ? – Movivolt
- Restitution d’une voiture en LLD : 10 conseils – Le Mag de l’Auto
- Assurance d’un véhicule en leasing – Service-Public.fr
